La démocratie participative et les nouvelles technologies

Les citoyens sont de plus en plus connectés. Leur désir de participer aux différents débats qui touchent leur environnement de vie est de plus en plus croissant. Les pouvoirs publics l’ont compris et mettent en œuvre de nombreux outils pour recueillir les avis. Le privé, quand à lui, fait émerger de nouveaux environnements web participatifs ultra locaux.

 

La genèse:
Même si l’entre-deux guerres avait déjà connu des manifestations de participation directe des citoyens à la gestion directe des municipalités, c’est dans la France des Trente glorieuses qu’un véritable mouvement dans ce sens a pris forme. En effet, la reconstruction à cadence forcée d’après guerre s’est accompagnée d’une prolifération de banlieues et de grands ensembles sociaux excentrés et sous-équipés en écoles, transports collectifs, services publics ou administratifs, et espaces verts. Face aux frustrations et même aux sentiments grandissants de révolte que ce délaissement suscite dans un pays en plein re-développement, la première réaction organisée prend forme sur le terrain du cadre de vie au début des années 1960 à travers la création dans les villes de banlieue de dizaines de groupes d’action municipaux (GAM). Ces derniers, animés par des militants appartenant plutôt aux catégories sociales supérieures (professeurs, ingénieurs, professions libérales), ambitionnent de peser politiquement sur le choix des municipalités. Ils sont soutenus et même formés à la gestion des affaires municipales par l’Association pour la démocratie locale et sociale (ADELS). Le point d’orgue de l’ascension des GAM est la victoire de Hubert Dubedout à Grenoble, ville emblématique de leur action, aux élections municipales de 1965.

Parallèlement, la démarche plus coopérative des GAM produit quelques effets sur le plan local. Certaines municipalités mettent en place des « commissions « extra-municipales », où des habitants peuvent confronter leur point de vue avec des élus locaux, des experts et des chercheurs, sur des choix d’aménagement et de gestion locale. Dans les années 1970, le cas de Grenoble mis à part, les résultats sont peu significatifs. Mais, outre que l’état d’esprit imprimé a largement préparé les victoires municipales de la gauche en 1977 (et peut-être, de l’élection présidentielle de 1981), on assiste alors à une phase d’apprentissage culturel d’un difficile travail en commun entre des acteurs appartenant à des univers sociaux très différents, qui s’avèrera très précieux pour les étapes ultérieures de développement de la démocratie participative.

Aujourd’hui, l’échange est au cœur de la gouvernance urbaine. Le web2.0 a apporté une grande réactivité et une simplicité dans le partage. Les générations étant de plus en plus au fait des usages d’internet, il devient convivial et efficace de participer à la construction de l’univers qui nous entoure.

La nouveauté vient du monde privé qui créer et met à disposition des citoyens, des plateformes web ultra locales qui permettent d’échanger sur tous les sujets, comme la vie de son quartier ou les évènements très locaux.
Par exemple, www.atoola.fr ou IDVille

Le développement de l’internet offre une possibilité de développement pour les outils de la participation : budgets participatifs en ligne (comme dans la ville Belo Horizonte, Brésil), assemblées participatives électroniques (telles que le projet Ideal-EU, première assemblée participative électronique européenne, réalisé entre les Régions Poitou-Charentes, Catalogne et Toscane) et l’e-participation législative (comme en Estonie). Toutefois, ces nouvelles technologies ne sont que des outils, qu’il ne s’agit pas de fétichiser : elles sont propices à la constitution de communautés élargies puisque déterritorialisées, mais ne remplacent en rien la qualité d’une délibération en face à face. La « démocratie électronique » ne doit pas pencher du côté de la privatisation généralisée ou du rétrécissement de la sphère politique.

 

Extrait de www.institut-gouvernance.org

images : www.vendome.eu et terresacree.org

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3 Responses

  1. Rudy Dolant Rudy Dolant dit :

    La réalité augmentée a un énorme potentiel dans le domaine de la participation, à mon avis. On pourrait avoir un application qui, en réalité augmentée nous montrerait le quartier reconstruit, ou le nouveau monument. On pourrait échanger, commenter voir voter à l’instant ou l’on passe à l’endroit du projet ?

    j’ai vu une appli sur iphone, qui m’indique en réalité augmentée par des panneaux, la boite aux lettres la plus proche de moi. Le service public pourrait décliner ça avec ses bâtiments d’accueil au public, on aurait aussi l’info en temps réel d’ouverture des guichets et des services proposés à tel ou tel guichet. Ça serait un progrès 😉 (toujours en train de me demander à quelle heure ça ferme 😉

    • Jean-Marc Brege dit :

      Moi, je pense qu’il faut aller au delà du service public sur ce genre d’appli. Ce qui m’interresse, c’est la vie de mon quartier et aussi du quartier où je passe. La boulangerie ouverte la plus proche, la pharmacie de garde, les animations culturelles, où me garer dans le quartier ou je vais, les places disponibles, acheter ma place de ciné. Alors oui, je sais, je dors avec mon Androïd, c’est mon meilleur ami (là je rigole), je voudrai qu’il me simplifie encore plus la vie, qu’il soit le canal qui me rapproche de tout ce qui m’entourre….

      • Bruno Delaunay Bruno Delaunay dit :

        il y a tout ça à Issy-les-moulineaux ??? :) Arrête JM !!! c’est pas parce que ta ville était dans le top 50 mondial des villes les plus digitales et innovantes en 2010 que tu dois nous vendre du rêve :) Joke.

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